Uruha marchait dans la rue depuis une bonne vingtaine de minutes. Déjà, plusieurs personnes l'avaient accosté, billets en main. Évidemment, il les avait remballé d'un signe de la main. Cette scène se reproduisait souvent, lorsqu'il se baladait en rue dans cet accoutrement. En effet, le brun était vêtu d'un ensemble violet assez...provocant. Ses bras étaient dénudés ainsi que ses cuisses, du à son short. Néanmoins, il portait des genre de jambières qui lui remontaient un peu plus haut qu'au niveau des genoux. Ses cheveux bruns étaient correctement coiffés et son visage magnifiquement maquillé. Avec tout cet attirail, il était sur d'attirer l'attention du serviteur de Reita, l'ennemi juré de son Maitre. Malheureusement, le seul truc qui n'allait pas dans sa tenue était très certainement la chaine de métal étouffant son cou. Oh, il en avait horreur de celle-là. Il effaça ces pensées de sa tête. De toute manière, il était au service du blond pour le reste de sa vie, alors... Il poursuivit son chemin dans la grande avenue et s'arrêta à côté d'un arbre. De là, il avait une parfaite vue du portail de la maison du magicien. Uruha n'eut pas à attendre trop longtemps. Bien vite, la grille s'ouvrit, laissant apparaitre la silhouette d'un homme, très certainement. Le brun remit de l'ordre dans ses vêtements et se dirigea à grands pas vers cet esclave. Comment allait-il l'aborder, maintenant ? Une idée s'infiltra dans son esprit mais il l'a repoussa tout aussi vite. Non, non, non, il n'allait certainement pas faire le trottoir en espérant qu'Aoi vienne le voir. Ça, il en était hors de question ! Uruha posa son index contre sa tempe. Il fallait qu'il trouve, et vite, sinon l'esclave partirait. Résigné, il effaça la distance qui les séparait. Après un raclement de gorge, il s'exprima.
_ Bonsoir... Euh, excusez-moi mais... Auriez-vous l'heure ? S'il vous plait...
Dans sa tête, Uruha s'infligeait une bonne paire de gifles. Quelle idée stupide ! Il baissa les yeux, comme il en avait l'habitude avec son Maitre, et attendit qu'Aoi l'envoie balader. Après quelques secondes de silence, il risqua un oeil. C'est un visage souriant qui l'accueillit. Le brun se rendit compte de la beauté de cette personne. Ses joues s'empourprèrent, sans pour autant prendre une teinte rougeâtre. Il secoua faiblement sa tête.
_ Bonsoir ! dit-il avec gaieté. Il est... 20h05 et 15 secondes, précisément, répondit-il avec le sourire.
Uruha se demandait intérieurement comment cet esclave pouvait-il être si joyeux alors qu'il était placé sous les ordres d'un magicien. Bien évidemment, Reita devait surement être plus sympathique que son Maitre, Ruki. Après tout, ce n'était pas bien compliqué.... Le beau brun n'eut pas le temps de râler sur son supérieur qu'Aoi lui tendait la main, son éternel sourire colgate étirant ses lèvres.
_ Au fait, je m'appelle Aoi, et toi ?
_ Euh... Uruha... dit-il en glissant sa main dans celle de son interlocuteur.
Il la serra un minimum et, sans plus attendre, la retira. L'esclave de Ruki n'était pas très chaud à l'idée de devoir toucher les gens. Il afficha un sourire gêné et se balança d'un pied sur l'autre. Lui qui était assez confiant à l'idée de rencontrer le noir, il était maintenant affreusement timide et ne savait quoi dire. Oh, il lui aurait bien proposé d'aller prendre un verre mais ça n'aurait pas paru louche ? Il haussa les épaules et tenta quand même. Après tout, il ne perdrait rien...
_ Dis-moi, Aoi... commença-t-il, tu dois faire quelque chose, maintenant ?
_ Non, répondit-il en relevant la tête d'Uruha. Tu es super mignon, toi ! dit-il en riant.
Ce compliment acheva Uruha. Pourquoi était-il tombé sur un si bel homme totalement extraverti ? Il se pinça les lèvres et rougit plus franchement. Le ténébreux relâcha le menton du brun et plongea sa main dans sa poche. Il en ressortit un paquet de cigarettes et un briquet. L'esclave de Ruki faillit s'étrangler. Alors comme ça, Aoi pouvait fumer ? Il ferma les yeux. Il n'avait vraiment pas de chance !
_ T'en veux une ? demanda-t-il en tendant le paquet à Uruha.
_ Oui, s'il te plait..., dit-il en prenant une cigarette dans la boite de carton. Il la porta à sa bouche et l'alluma à l'aide du briquet d'Aoi. Tu veux... venirboireunverreavecmoi ?
Un des sourcils d'Aoi s'arqua, perplexe. Il passa son index sur son menton en réfléchissant à ce qu'avait pu dire Uruha. Après quelques instants, il soupira et se décida à demander au brun de répéter, tout simplement.
_ Euh... T'as dit quoi ?
L'esclave de Ruki se mordit la lèvre inférieure, le rouge aux joues. Qu'il était maladroit ! Il inspira profondément et répéta de manière à ce que le beau ténébreux comprenne.
_ Tu veux bien venir boire un verre avec moi... ?
_ Ouais, allons-y ! répondit Aoi en prenant le bras d'Uruha.